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Subversion, Perversion, Inversion, ... ou Conversion

Déposé le 26/06/2013 à 22h49

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Thierry LETHÉ Thierry LETHÉ
Médecin de famille

Nous baignons dans une société où règnent en maîtres quelques notions qui flattent le citoyen distrait ou trop facilement crédule : le relativisme, l'hyperindividualisme, l'immédiateté, et le confort qui n'admet guère d'être contesté ou simplement dérangé.

Ces notions heurtent par contre de plein fouet ceux qui revendiquent sens critique et discernement.

Ceux qui veulent imposer l'euthanasie et toutes ses extensions proposées ou à prévoir par étapes successives, surfent sur ces tendances de notre société, et leur tactique tient tout simplement en trois mots :

La Subversion par la rhétorique de l'intimidation dont le discours se base sur l'un ou l'autre élément mis en exergue (en omettant soigneusement toute autre considération), tels que, par exemple, l'indignation soulignée, l'intoxication sournoise, le saucissonnage systématique avec présentation de la rondelle la plus attrayante ou la plus sympathique, la banalisation, ou l'insensibilisation, en un mot la culpabilisation émocratique de ne pas partager cette indignation, et donc l'intolérance vis-à-vis de tout sursaut étiqueté d'avance comme 'obscurantiste' ou 'intégriste' , ce qui bloque dans un état de panique muette, le but étant le silence de toute opposition .

En matière d'euthanasie, on brandira ainsi la compassion (ou, plus culpabilisant, la générosité) qui est présentée comme décidément absente chez ceux qui sont pointés comme insensibles au désarroi (physique, social, psychologique, ou moral) de l'autre.

La Perversion du vocabulaire fait perdre ses repères, puisque les mots ont acquis un sens différent de ce qu'ils signifiaient jusque-là, et, ce faisant, la notion couverte par ces mots s'en retrouve édulcorée voire dénaturée.

Par exemple, parler d'IVG au lieu d'avortement, quand on sait que 'interruption' suppose une reprise du cours suite à cet acte ; qui a jamais vu une grossesse se poursuivre après un avortement ?

Autre exemple définir la mort comme un 'incident momentanément irréversible' ! Ou encore, dans le mariage, avoir un 'partenaire', ce qui laisse supposer que la vie à deux s'apparente à un jeu où à chaque partie on peut changer de partenaire...

Et quant à l'euthanasie, refuser une telle demande devient une 'torture' inadmissible !

L'Inversion des valeurs où le mal se retrouve 'normalisé' et le bien relégué aux oubliettes. Le malfaiteur n'est plus responsable, il doit être compris dans toute sa motivation ou sa structure ou sa malchance. Mais la victime ? Tant pis, c'est bien dommage qu'elle ait croisé la route de ce malheureux incompris.

Pour justifier l'euthanasie, on a d'abord attaqué l'acharnement thérapeutique, puis, ce pan étant tombé, on s'en prend aux soins palliatifs qui seraient un reliquat du pouvoir médical qui impose au souffrant un arsenal (pourtant technologiquement allégé) alors qu'il est 'quand même' en fin de vie.

Quant à moi, je plaide pour une Conversion du regard sur celui qui, il est vrai, mène sans doute son dernier combat et cela au coeur-même d'une souffrance qui peut atteindre toutes les facettes de sa personnalité.

C'est un accompagnement (qui peut même se restreindre à une simple proximité silencieuse!) qu'il s'agit d'offrir. L'humain proche de la mort sera toujours irrémédiablement seul face à sa mort (naturelle, accidentelle, provoquée ou programmée) ; mais les 'vivants' doivent lui offrir, plutôt qu'une présence active et intrusive, une sollicitude apaisante, discrète et disponible face à cette solitude angoissante. C'est peut-être cela l'amour de l'autre.


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