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... étendre l'euthanasie aux enfants et aux personnes démentes ?

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Ils ont dit...

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Allemagne : (Die Welt): Un Etat qui autorise une telle chose est un Etat en faillite"

Christian Brotcorne (cdH), ce mardi 21/01/2014 en Commission Justice de la Chambre

«Vous ne voulez pas améliorer un texte dont vous savez pertinemment qu'il n'apporte pas toutes les garanties juridiques »

Olivier Maingain (FDF, ce mardi 21/01/2014 en Commission Justice de la Chambre

« Je ne comprends pas pourquoi certains s'accrochent à un texte aussi mal écrit »

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) rappelle son président de parti Wouter Beke à l'ordre. Celui-ci a suggéré précédemment de former une majorité alternative avec le N-VA dans le but de pouvoir approuver le 'plan alcool' pour l'instant encore bloqué. " Je trouve qu'il n'est pas sage de travailler avec des majorités alternatives", s'exprime Peeters. "Une majorité doit gouverner, et cela se fait majorité contre opposition. Ne me méprenez pas: le 'plan alcool' est important. Mais la majorité fédérale doit trouver un accord en interne. Cela s'applique par exemple aussi pour l'euthanasie."

Sénateur Armand De Decker (MR) au Sénat le 12/12/2013

La différence entre la loi sur l'euthanasie des adultes et la proposition que nous examinons aujourd'hui porte selon moi sur la capacité de discernement. C'est l'élément essentiel, surtout quand on ne prévoit pas un âge minimum. Dans ma plus profonde conviction, j'ai les plus grands doutes sur ce que prévoit la proposition de loi pour évaluer la capacité de discernement. L'avis d'un psychiatre ou d'un psychologue est établi au terme d'une conversation de ce type, avec le côté dramatique qu'elle peut avoir dans une chambre d'hôpital. Cela mérite d'approfondir la manière dont on doit organiser cette évaluation.

Je crois que la procédure prévue peut-être difficile à gérer par le mineur. J'entends le professeur Brotchi dire – et il a raison – que les enfants malades deviennent plus conscients, qu'ils ne connaissent plus l'inconscience de l'enfant bien-portant. Il n'empêche que la procédure restera souvent traumatisante pour l'enfant, notamment à cause du lien entre son choix et la famille qui doit marquer son accord.

Je crois que la procédure choisie pourrait entraîner des drames familiaux supplémentaires. Quand un enfant est au seuil de la mort, la famille vit un traumatisme, c'est évident. Je comprends que l'on ne puisse décider sans l'accord des parents, mais quand de surcroît, on demande à ceux-ci de consigner par écrit cet accord à mettre en œuvre l'euthanasie, je pense que cela peut mener à de grandes difficultés dans la famille, par exemple si les deux parents ne sont pas du même avis ou lors de la délicate discussion entre l'enfant et ses parents.

(...) Mais ma première question est : une loi est-elle nécessaire ? Personnellement je n'en suis pas convaincu à la lecture des statistiques néerlandaises. Dix ans de loi, cinq cas. Si l'on a cinq cas en dix ans, on ne légifère pas. On règle cela d'une manière humaine, avec l'entendement du monde judiciaire, du parquet, qui doit bien comprendre, surtout lorsqu'il y a une loi sur l'euthanasie des adultes, que l'on peut aussi l'appliquer exceptionnellement aux enfants.

Mais si on veut malgré tout élaborer une loi, alors il faut réfléchir à ces aspects, que j'ai décrits tout à l'heure, de la situation des parents. La loi des Pays-Bas est très porteuse d'enseignements pour nous.

La sénatrice Vanessa Matz (cdH)

Une loi aveugle ?

On nous l'a dit : il y a une maturité chez ces enfants qui sont en fin de vie. Mais leur appartient-il de porter la souffrance de leur entourage à travers ce choix d'euthanasie ? Un enfant peut-il se détacher de la loyauté à ses parents pour prendre sa décision ? Un enfant ne sera-t-il pas influencé par la charge qu'il représente pour ses parents qui doivent travailler, élever des frères ou sœurs ? Cela nous fait terriblement peur que ce signal soit donné à ces enfants.

Des psychologues devront vérifier que le choix de l'enfant est libre.

Oui ils devront évaluer la capacité de discernement. Mais seront-ils capables de déceler la vraie volonté ? Et puis, les parents pourraient n'être pas d'accord entre eux, soit parce qu'ils sont séparés, soit parce qu'il n'y a pas d'harmonie familiale tout simplement. Et puis, on légifère ici de manière générale alors que ce sont des cas exceptionnels qui seront visés. On parle d'une dizaine de cas par an. Les équipes médicales apprécient donc déjà les situations au cas par cas. Et il n'y a jamais eu de poursuites judiciaires. Ici on pose un principe absolu qui va peser sur les épaules de tous les enfants, pas seulement ceux en fin de vie.

Ne serait-ce pas hypocrite que de laisser les choses se faire en cachette et dans l'illégalité ?

Moi je pense qu'on va prendre une loi pour quelques cas infimes qui vont rapidement provoquer une insécurité juridique, justement. Imaginez la scène où un psychologue dise à un enfant qui demande l'euthanasie, « tu n'as pas le discernement nécessaire ». Il faut savoir que 100 % d'adultes qui demandent l'euthanasie à un moment entre 90 et 95 % ne reformulent plus cette demande à partir du moment où elles bénéficient d'un accompagnement palliatif de qualité.

Cette loi sera un mauvais signal envoyé à la société, selon vous ?

Oui. C'est un mauvais signal aux plus fragiles et aux plus démunis. Et l'hypocrisie, c'est aussi une société qui ne peut plus regarder la souffrance et qui préfère s'en débarrasser.

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Dr Jean-Claude Lemper gériatre à la Clinique Sainte Anne-Saint Rémi à Anderlecht

Maintenant que les moyens diagnostics sont de plus en plus précis, la question de la fin de vie et de l'euthanasie qui l'accompagnera, éventuellement, se pose plus souvent. Mais présenter l'euthanasie comme une solution à la démence, c'est une négation de notre boulot. C'est une horreur !

Dr Jean-Christophe Bier, neurologue à l'Hôpital académique Erasme de l'ULB

La souffrance que la démence peut générer chez la personne qui regarde un proche en fin de vie est encore plus grande que la souffrance du patient dément en phase terminale. Beaucoup de gens demandent comment leur état va évoluer car ils ont peur de perdre leur dignité.

Tommy Scholtes, porte parole de la Conférence épiscopale

L'Eglise doit-elle peser dans le débat sur l'euthanasie ? "Notre point de vue est le suivant : « Ma vie est mienne mais elle ne m'appartient pas, elle appartient à la communauté, à mon entourage, aux parents qui m'ont mis au monde. Et je n'ai pas le droit d'en disposer librement. » Comme chrétien, on ne pourra jamais être d'accord avec l'euthanasie. La culture de notre pays est une culture chrétienne, même si tout le monde n'est pas pratiquant au sens fort du terme. Cela concerne la majorité de la population, que ce soit dans les hôpitaux, chez les médecins ou chez les citoyens. Des initiatives se mettent d'ailleurs en place, comme le site « euthanasie stop ». Il est important, je pense, que le débat ne soit pas uniquement politique mais aussi citoyen. C'est un débat de société, pas juste un débat de parlementaires."(Journal Le Soir)

Même L. Onkelinx reconnaît que l'acte d'euthanasie peut être lourd pour un médecin

"La loi de 2002 sur l'euthanasie ne prévoit pas de règlement explicite pour la situation dans laquelle le patient souhaite poser lui-même l'acte euthanasique (= suicide). L'assistance médicale au suicide peut être considérée comme une alternative digne pour les personnes qui souhaitent l'euthanasie mais préfèrent rester maîtres de l'initiative et en sont capables. En outre, l'assistance au suicide peut aussi être vécue comme moins lourde psychologiquement par le médecin parce que c'est le patient et non le médecin qui pose l'acte."

Source : Question écrite n° 5-9218, de Elke Sleurs (N-VA) du 5 juin 2013

Benoît LUTGEN, Président du parti cdH,

"Etes-vous contre l'extension de la loi sur l'euthanasie?"

"C'est un sujet très délicat. Je ne trouve pas que cela va de soi de confronter des enfants à la question de mettre fin à leur vie ou non. Ceci pourrait avoir un impact énorme sur la société. De plus, même si j'ai confiance dans les parents et dans les médecins, cette confiance n'est pas aveugle. Le gouvernement doit protéger les plus faibles. Nous devons éviter que les enfants ou les personnes démentes ou handicapées soient les victimes de dérapages."

Extrait d'un entretien paru dans De Standaard, 26/06/2013

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