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... étendre l'euthanasie aux enfants et aux personnes démentes ?

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Nos coups de coeur

Une transgression en entraîne une autre.

Alexandre PERSU  Catégorie Réflexions de soignants
Prof., Chargé de cours UCL, Chef de Clinique St L

La dépénalisation de l'euthanasie a été largement justifiée par le respect de l'autonomie intégrale du sujet, supposée s'étendre au droit de mettre fin à une vie devenue un fardeau insupportable. Dans cette optique, le médecin est le garant de cette autonomie, et devient l'exécutant de cette volonté. Il est incité à violer le serment d'Hippocrate « par humanité » et à administrer une mort sans douleur, sinon sans souffrance à celui qui la réclame.

L'extension de ce qui devait être l'« exception d'euthanasie » aux patients atteints de démence, aux enfants mineurs ou aux grands prématurés, c'est-à-dire à des personnes ne jouissant pas encore ou plus de leur pleine autonomie met gravement à mal cette justification...

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« Lorsque l'enfant n'a pas la « faculté de discernement », ce sont les parents qui peuvent demander l'euthanasie. »

Olivier de SAUVAGE
Etudiant

Cette phrase tirée de la proposition n° 5-1610/1 (pg2), fait surgir en moi beaucoup de questions. Et je me dis, en lisant cela, qu'aussi bien pour les parents que pour l'enfant, ce choix doit être très douloureux.

En considérant la chose du point de vue de l'enfant, je me dis même que ce choix fait par ses propres parents, doit être crucifiant. A quoi s'attend un enfant qui souffre, de la part de ses parents, de son papa, de sa maman, si ce n'est à de l'amour, de l'affection ? Quand on est malade, qu'on a mal, que désire-t-on sinon s'accrocher à l'espoir de la guérison ? Comment les parents annonceront-ils leur décision à l'enfant qui « n'a pas la « faculté de discernement » ? Comment quitteront-ils l'enfant qu'ils confient aux bons soins de la mort ...

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Nous ne sommes pas des plantes !

M. Herman WOUTERS  Catégorie Réflexions de soignants
Éducateur à la Fondation M.M.Delacroix

J'ai été introduit au service pour les personnes atteintes d'un profond handicap mental il y a 32 ans et j'y travaille toujours en tant qu'orthopédagogue. Cette première visite suscita chez moi un grand étonnement. En effet, à l'université j'avais appris que les handicaps mentaux profonds provoquaient souvent une vie végétative, un état comparable à des plantes...Mais au contraire, j'ai remarqué lors de la visite dans les différents départements que ces personnes n'étaient absolument pas des plantes ! Tous les malades réagissaient en fait d'une manière ou d'une autre à mon contact...

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L'Homme peut relever, se relever, tisser du lien.

Un PAPA anonyme  Catégorie Témoignages
Indépendant

Depuis ses premières sessions d'examens à l'unif où ma fille mène deux études de front en faisant chaque fois des grades, elle est prise ensuite de troubles psychologiques graves avec des montées d'angoisses, des pulsions suicidaires. Voici 3 ans que cela se répète régulièrement avec un déni d'elle-même, de ce qu'elle peut entreprendre. Elle sort d'un mois d'hospitalisation dans un établissement psychiatrique qui lui a redonné goût à la vie. Elle va reprendre ses études ou une autre formation - peu m'importe pour autant qu'elle soit bien vivante.

Dans ses délires, elle nous a mentionné plus d'une fois qu'elle n'en pouvait plus et que chaque minute de son existence lui pesait abominablement. Le plus beau des cadeaux serait de boire ensemble un dernier verre en famille et de la laisser partir...Une vérité d'un moment mais... quand il est irréversible ...

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L'euthanasie dans tous ses états !

Eric VERMEER  Catégorie Réflexions de soignants
Ethicien et infirmier

Après avoir travaillé une décennie dans un service d'onco-hématologie et dix autres années dans un service de soins palliatifs, je suis arrivé, en toute objectivité, à la conclusion que l'euthanasie ne constitue pas la réelle réponse qu'attendent les personnes malades en grande souffrance. Si le but de la médecine est de « servir la vie et de promouvoir la santé », il existe d'autres manières, plus citoyennes et plus responsables, d'y arriver que celle de supprimer la vie pour supprimer une souffrance psychique ou une douleur rebelle.

Je suis d'autant plus consterné aujourd'hui devant les propositions d'extension de dépénalisation de l'euthanasie, concernant les patients « déments » dans le cadre de la déclaration anticipée et les enfants souffrant d'une maladie incurable, étant dans une situation de souffrance inapaisable...

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Et si les infirmières parlaient...

UNE INFIRMIERE de la région bruxelloise  Catégorie Témoignages
Infirmière

Ces « anges » qui vous accueillent aux services d'urgence, quand vous êtes opérés, quand vous êtes agonisants ou qui accueillent vos proches, vos êtres chers, auraient- ils quelque chose à dire ? Ou devraient-ils se taire « à jamais » pour laisser la parole aux médecins, aux légistes, aux « savants » ?

Elles savent tout faire, elles sont comme des fourmis, qui travaillent sans faire de bruit, qui soignent leurs patients dans la plus étroite intimité, qui exécutent des ordres médicaux à la lettre, pour le bien du patient. Elles sont au chevet des malades plus longtemps que le médecin et entendent leurs voix, leurs larmes, leurs rires, leur cri parfois de désespoir, et aussi leur silence. Elles sont les confidentes de vos souffrances, que vous soyez dans un lit ou que vous accompagniez un proche...

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L'euthanasie comme aveu de l'incompétence médicale ?

Catherine DOPCHIE  Catégorie Réflexions de soignants
Oncologue

Les soins palliatifs sont tellement efficients que même les partisans de l'euthanasie disent que ne pas savoir soulager les souffrances physiques est aujourd'hui de l'incompétence médicale. L'euthanasie est donc surtout appliquée pour des souffrances de perte du sens de la vie telle qu'elle est. L'euthanasie est désormais banalisée, et certains déclarent, contrairement à l'esprit de la loi, qu'elle n'est plus ni une exception, ni une transgression éthique mais un accompagnement en douceur proposé pour éviter toute souffrance inutile, sans attendre un délabrement physique ou psychique insupportable. La demander est présenté comme un acte courageux, la pratiquer, comme un acte empli d'humanité...

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