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Si la loi dit que c'est autorisé, alors c'est que c'est bien...

Déposé le 27/01/2014 à 15h19

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André BAILLEUX André BAILLEUX
Avocat, Chargé de cours à l'UCL/Mons

Ce qui est rarement souligné à propos de l'euthanasie, et aujourd'hui à propos de l'euthanasie des enfants, c'est qu'après le droit à l'avortement et les diverses législations sur la bioéthique, c'est tout un système juridique qui pâlit lentement. Il faut peut-être rappeler que la loi est certes une norme décidée à la majorité des voix, mais que, dans ses effets, elle est aussi ce qui structure une société, ce qui balise cultures et mentalités. Dans l'opinion publique, ce que la loi autorise est bien, ce qu'elle interdit est mal. Voyez la cigarette, l'interdiction des armes, la fraude fiscale, les limitations de vitesse...

Dès lors, si la loi autorise l'euthanasie, y compris celle des enfants, c'est que c'est bien. Et même ceux qui n'y sont a priori pas favorables finissent par trouver cela 'normal'. C'est ainsi que se met graduellement en place une société dont les valeurs sont transformées, avec des conséquences qui vont bien au-delà de l'euthanasie.

Chercher à diminuer la souffrance d'autrui est évidemment une démarche indispensable. Et les soins palliatifs sont une solution qui ne peut qu'être encouragée. Dans certains cas, la différence entre soins palliatifs et euthanasie est sans doute très étroite. Ne finissent-ils pas par se confondre lorsque le désir d'atténuer la souffrance finit par entraîner la mort ? L'éclairage est pourtant tout différent : le but alors n'est pas de donner la mort, mais celle-ci est acceptée comme inévitable si l'on veut éviter au mourant les douleurs physiques et lui permettre d'achever sa vie dans la paix et la dignité.

Mais alors, pourquoi vouloir légiférer à tout prix ? Pour protéger les médecins contre des sanctions injustes, entend-on parfois. Connaît-on un seul cas, en Belgique, où du personnel médical aurait été poursuivi devant les tribunaux pour avoir tenté d'atténuer la douleur à des malades en fin de vie en leur administrant de la morphine à une dose qui a entraîné la mort et sans respecter les contraintes de la loi de 2002 ? Pas que je sache.

Ce qui motive plus probablement les tenants de la dépénalisation de l'euthanasie, c'est le désir de se débarrasser d'une législation qui apparaît encore comme marquée par des principes judéo-chrétiens dépassés. Et pour atteindre ce but, on pousse les enjeux bien au-delà : car l'enjeu réel et grave c'est celui d'une société qui n'est plus portée par une volonté forte de vivre. Une société qui envoie un signal à tous ses citoyens : si vous préférez mourir, on ne vous retient pas ; et d'ailleurs, finalement (!), ce serait aussi un soulagement pour vos proches, non ?

Bref, sous le couvert d'une attention à la souffrance des autres, on change la physionomie d'une société : lentement mais sûrement, elle va vers le 'meilleur des mondes'. Est-ce cela que l'on veut ?


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