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Quand on croit ne plus pouvoir rien faire, il reste encore l'amour

Déposé le 07/11/2013 à 16h34

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Monique de THYSEBAERT Monique de THYSEBAERT
Accompagnatrice

Je termine le 2° livre d'Anne-Dauphine Julliand « Une journée particulière ». Ce livre est un véritable hymne à la vie et à l'amour à travers la souffrance d'une maman qui assiste impuissante à la maladie de ses filles. J'ai envie de partager quelques extraits qui m'interpellent particulièrement au moment où on parle d'une extension de la loi sur l'euthanasie.

P. 187, l'auteur a cette superbe réflexion : « Qu'est-ce qui donne du sens à la vie ? Est-ce le métier que l'on exerce, la famille que l'on construit, la voiture que l'on conduit, le compte en banque que l'on garnit ? Quelle vie vaut la peine d'être vécue ? Celle des grands, des vaillants, des intelligents, des chanceux ? Qu'est-ce qui importe vraiment dans la vie ? »

P. 188, elle nous propose le témoignage de Flora, jeune fille de 19 ans, belle, heureuse, mais qui pourtant ne se lève pas, ne bouge pas, depuis le jour de sa naissance. Elle a survécu malgré tous les pronostics des médecins. Flora nous dit : « Mon problème, c'est que je ne peux pas faire grand-chose de mes journées. C'est triste de ne pas avoir de but dans la vie. Alors j'ai décidé de tout faire pour rendre les gens heureux. J'y consacre la majeure partie de mon temps. Tous ceux qui viennent me voir, les soignants, ma famille, les visiteurs des associations, j'essaie de les rendre tous heureux, sans exception. C'est du boulot hein ? Mais c'est un super boulot. »

P. 193, ce témoignage poignant : « Tout contre elle, je comprends tout à coup ce qui me fait si mal dans ces moments-là : c'est mon impuissance à la soulager. Ce sentiment d'incapacité face à sa douleur est intolérable. Il me pousse à envisager une solution extrême, parce que je me dis intérieurement : "Je peux au moins faire ça pour elle." (...) Les soins prodigués guérissent les plaies, mais c'est l'amour qui permet d'oublier la douleur, c'est la consolation qui soulage les peines. (...) La réponse à la souffrance, c'est l'amour. »

Je terminerai par ce témoignage, lu à la p.196, relatif à un médecin, chef de service en pédiatrie maintenant retraité : « Ce jour où il était venu au chevet d'un petit garçon écrasé de douleur. Les infirmières l'avaient appelé, terrifiées. Il avait évalué l'intensité de la crise et prescrit les antalgiques nécessaires. Malheureusement, les douleurs étaient réfractaires et continuaient de plus belle. Face aux cris incessants de l'enfant, il avait épuisé toutes les possibilités, sans succès. Incapable de soulager le petit patient, il s'apprêtait à sortir, fermer la porte de la chambre derrière lui et partir loin, à l'autre bout du service pour ne pas se confronter à son impuissance. Il avait donc décidé de renoncer, avant de se raviser. Il était alors revenu sur ses pas. Il s'était approché du petit souffrant, l'avait pris dans ses bras et l'avait bercé. Il était resté ainsi longtemps jusqu'à ce que le garçon s'apaise. Les soignants n'en croyaient pas leurs yeux en le voyant ainsi, lui le grand professeur souvent distant et autoritaire, lui le chef de service redouté et respecté, assis au bord du lit serrant contre lui l'enfant, en lui chantant des chansons douces. Son émotion était encore palpable des années plus tard alors qu'il me parlait. Et qu'il concluait les larmes aux yeux : "Quand on croit ne plus pouvoir rien faire, il reste encore l'amour." »

Références du livre : « Une journée particulière » Anne-Dauphine Julliand. Ed. Les arènes


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