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Ma présence comme calmant et apaisement...

Déposé le 12/05/2016 à 14h05  Catégorie Témoignages

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Véronique C. Véronique C.
Bénévole en Soins Palliatifs

Madame A. est recroquevillée dans son lit face à la fenêtre. J'hésite un peu à entrer puis frappe doucement. C'est une personne que j'ai déjà rencontrée et avec laquelle j'ai eu plaisir à discuter la semaine dernière. Avec peine elle se retourne vers moi et murmure un "oui" interrogatif.

Alors que je me présente, son regard semble me reconnaitre ; elle me montre son ventre et me dit sa douleur. Je lui propose d'aller prévenir les soignants et de rester près d'elle en attendant qu'ils arrivent ; d'un mouvement de tête fatigué, elle acquiesce et à mon retour me montre la chaise près de son lit.

Elle me tient la main, repose sa tête sur l'oreiller, et semble se détendre un peu. Je vois sa respiration se calmer, et reste près d'elle en silence. Bien calée dans un fauteuil, je la laisse s'endormir. Je la préviens doucement que je partirai quand elle dormira et lui dit d'avance au revoir, ce qui la fait doucement sourire.

Au bout de quelques trop courtes minutes son mari entre dans la chambre le pas décidé et l'air contrarié :


- Tu as beaucoup parlé, il faut que tu te reposes.

Je comprends que cette phrase m'est destinée et qu'elle est une façon élégante de me demander de sortir. Sa femme le regarde étonné puis tourne son visage vers moi et me demande doucement :

- Nous avons parlé ?

C'est l'occasion pour moi de rassurer son mari :

- Pas avec moi. Nous n'avons pas parlé, je vous ai laissé vous reposer mais peut-être avez-vous eu du monde avant.

Il saisit cette ouverture :

- Oui, il y a eu de la famille cet après-midi et ma femme a très mal au ventre ;

Cette phrase fait grimacer madame A. et semble faire immédiatement resurgir sa douleur. Elle ferme les yeux et murmure un au revoir.


En les quittant, je rappelle à sa femme que les soignants sont prévenus et qu'ils vont arriver.

Monsieur A. m'accompagne comme pour être sûr que je ne dérangerai pas sa femme.

- Je suis désolé madame, mais elle a besoin de se reposer.

- Je comprends.

J'aimerais trouver le moment pour lui dire qu'une présence silencieuse peut être un bon calmant contre la douleur. Mais je n'oserais pas. Je le quitte en passant par le poste soignant. Une infirmière me voit et me dit :

- Je lui prépare un antalgique.


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