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« Lorsque l'enfant n'a pas la « faculté de discernement », ce sont les parents qui peuvent demander l'euthanasie. »

Déposé le 30/04/2013 à 16h00

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Cette phrase tirée de la proposition n° 5-1610/1 (pg2), fait surgir en moi beaucoup de questions. Et je me dis, en lisant cela, qu'aussi bien pour les parents que pour l'enfant, ce choix doit être très douloureux.

En considérant la chose du point de vue de l'enfant, je me dis même que ce choix fait par ses propres parents, doit être crucifiant. A quoi s'attend un enfant qui souffre, de la part de ses parents, de son papa, de sa maman, si ce n'est à de l'amour, de l'affection ? Quand on est malade, qu'on a mal, que désire-t-on sinon s'accrocher à l'espoir de la guérison ? Comment les parents annonceront-ils leur décision à l'enfant qui « n'a pas la « faculté de discernement » ? Comment quitteront-ils l'enfant qu'ils confient aux bons soins de la mort ?

Ce choix ne se fera-t-il pas toujours avec un profond regret ? Qui donc pourrait poser ce choix à la place de son enfant, le lui annoncer, et puis le quitter et continuer à vivre sa vie l'âme tranquille ? Parle-t-on là toujours d'un choix que font les parents en âme et conscience, pour le bien de l'enfant ? Et la mort, que savent les parents de ce qu'elle est réellement ?

Entendons-nous bien, la pensée de la souffrance me révolte, elle me dégoûte d'autant plus quand il s'agit d'enfants, de personnes dans des positions fragiles etc. Cela n'empêche que je ne parviens pas à comprendre comment quelqu'un peut annoncer à son enfant, non pas qu'il va mourir, mais que « nous avons demandé qu'on te tue ». La première annonce doit déjà être très douloureuse, mais dire à un enfant la deuxième proposition, quel déchirement !

Vous voyez, le point que j'évoque ici n'est pas celui des raisons pour lesquelles on demanderait l'euthanasie, il concerne plutôt l'honnêteté de ces raisons, leur caractère de vérité, tellement l'idée de dire cela à son enfant me paraît irréelle. Et donc, est-ce que les parents parleront de ce choix à l'enfant, ou cela lui restera-t-il caché ? Lui diront-ils : « Mon bébé, nous t'aimons tellement que nous ne pouvons supporter de te voir souffrir plus longtemps, nous avons décidé de te confier à la mort...» Il est évident qu'ils n'en parleront pas, ils souffrent déjà suffisamment d'avoir à faire ce choix d'ultime amour. Et puis avouons-le, il doit être d'une façon ou d'une autre traumatisant pour un enfant d'entendre cela de la part des parents qui lui ont donné la vie ... Mais si donc les parents souffrent d'un tel choix, et s'ils gardent ce choix caché, est-ce réellement un choix en face duquel ils sont en paix? Réellement, un choix caché ? Diront-ils adieu à leur enfant alors que celui-ci s'attend à les revoir à son réveil ?

Quant au médecin, osera-t-il dire aux parents : "vous savez, votre enfant souffre tellement, vous devriez peut-être considérer l'euthanasie".

Et si les parents refusent de considérer la chose, leur dira-t-il : « C'est pour son bien, c'est votre devoir de le protéger, de le soulager, de le libérer de cette souffrance qu'il n'a pas choisie.» Est-ce qu'une pression sera petit à petit exercée sur ceux-ci, jusqu'à la prise de la décision ?

En ses débuts l'euthanasie consistait à permettre à l'homme de disposer de sa vie, comme un ultime droit conquis par l'homme : le contrôle de sa vie jusqu'à la mort.

Désormais et discrètement, les commandes de l'euthanasie passent entre les mains de tiers, au nom d'une liberté vraiment paradoxale ...


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