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La grande équivoque

Déposé le 24/05/2013 à 10h31  Catégorie Réflexions de soignants

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Nombre de personnes âgées, se rendant compte qu'elles sont diminuées au plan physique ou mental, réalisent aussi que leur état risque d'embarrasser leurs proches. Elles s'imaginent, parfois à raison mais le plus souvent à tort, qu'elles constituent une charge démesurée pour leur entourage et peuvent dès lors parfois en venir à évoquer l'hypothèse de l'euthanasie.

Et pourtant ce désir, bien qu'exprimé, n'en est pas réellement un, il est presque un cri de détresse « je sais bien que mon existence vous pèse ». Et comme la société moderne a instauré l'idée que certaines vies -au contraire d'autres- ne vaudraient pas la peine d'être vécues, ce sentiment de vie diminuée peut aussi s'accompagner de l'idée que s'accrocher à cette vie ne procèderait en fait que d'un profond égoïsme.

Voilà donc le début de l'équivoque : ce qui en fait est un appel à l'aide revêt la forme d'un appel à donner la mort ...

Face à un tel appel, quelle réponse apporter ?

- Soit la famille refuse d'y donner suite et se sentira coupable de ne pas respecter la « volonté librement exprimée » du proche âgé.

- Soit, à son corps défendant, la famille jugera que le véritable témoignage d'humanité requiert de respecter cette volonté. Le terme de l'équivoque (et par voie de conséquence, de la vie) est ainsi atteint.

En légiférant dans les matières éthiques qui touchent au cœur de l'humain, la société amène immanquablement à identifier le légal au légitime. Peut-on légitimement en effet s'opposer à ce que la loi prévoit ?

En ratifiant le concept de vie qui ne vaut pas la peine d'être vécue, le législateur ne peut qu'envoyer ce message corollaire à la personne diminuée physiquement ou mentalement : pensez-vous légitime et responsable d'exiger de vos proches, des médecins et de la société entière de vous laisser poursuivre cette vie devenue sans valeur ? N'y a-t-il pas tant d'autres détresses auxquelles la société doit faire face. Elle doit y consacrer ses forces vives qui ne peuvent être gaspillées en vains efforts pour une cause que l'on sait perdue.

Sous le prétexte d'ouvrir le dialogue, de permettre à chacun d'exprimer sa volonté, ne contraint-on pas moralement la personne en situation de détresse à se considérer elle-même comme un poids, un obstacle pour la collectivité ?

Sous le prétexte de la libre expression, n'ouvre-t-on pas la voie aux propos « obligés » susceptibles de conduire aux pires équivoques ? N'ancre-t-on pas dans les esprits que, dans les cas où le législateur dit l'euthanasie possible, il serait pour le moins indécent de solliciter un régime de faveur ?


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