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Je voterai contre la loi sur l'euthanasie des enfants. En âme et conscience

Déposé le 11/02/2014 à 15h49

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Dans les rangs libéraux francophones, les députés ne voteront pas le doigt sur la couture du pantalon. Ainsi, Marie-Christine Marghem (MR), députée, avocate à Tournai, s'oppose fermement au projet de loi. Elle nous a expliqué, lundi, les raisons de son refus. "J'estime que le dispositif de la loi ne résout absolument pas le problème qui est posé, s'il y en a un..."

Pour vous, il n'y a pas de problème et il ne faut donc pas légiférer ?

Ce qui a donné lieu à l'établissement de la loi, c'est une demande pressante, urgente, venue de quelques médecins qui voulaient avoir plus de sécurité juridique par rapport à la fin de vie de leurs petits patients. Et pas une demande sociale extrêmement forte, motivée par exemple par des pétitions. Ni un cas malheureux. Ni une querelle de jurisprudence parce qu'il y aurait eu des décisions controversées et des plaintes pendantes en Justice qui rendraient l'absence de loi intolérable. Rien, rien de tout cela.

En commission de la Chambre, vous avez réclamé de nouvelles auditions. Le Sénat avait déjà entendu quantité d'experts.

Oui, j'ai lu ces auditions. Mais on n'a pas entendu, par exemple, les représentants des quatre convictions religieuses reconnues en Belgique qui se sont exprimées ensemble. On n'a pas entendu non plus de philosophes. Ni les experts qui, en Hollande, ont élaboré une loi pour l'euthanasie des enfants. En commission de la Chambre, j'ai redemandé leur audition. En vain.

Pourquoi vouliez-vous entendre les experts hollandais, en particulier ?

Ils ont élaboré un dispositif particulier qui prévoit qu'il n'y a pas de poursuites pénales à l'égard des médecins qui pratiquent l'euthanasie sur des enfants de plus de 12 ans. En dessous de 12 ans, il n'y a pas de possibilité d'euthanasie. Pour ces enfants plus jeunes, les médecins hollandais respectent un protocole qui est sensiblement le même que celui suivi par les médecins belges confrontés aux enfants atteints de maladies incurables. Il faudrait quand même qu'on n'ait pas l'air, en Belgique, de dire que les médecins ne font rien pour soulager les souffrances des petits patients arrivés en fin de vie ! C'est là où le bât blesse : il y a une méconnaissance de la façon dont le monde médical a développé des stratégies pour soulager la douleur.

Vous dites que les promoteurs du texte de loi font pression pour imposer leur façon de voir les choses. Comment ?

Oui, ils exercent des pressions, même si elles ne sont pas illégitimes. Ceux qui veulent absolument cette loi disent à ceux qui, comme moi, n'en veulent pas : "C'est une honte, vous voulez laisser souffrir des enfants." Ou : "Leur douleur n'a pas d'importance pour vous." Ou : "Si vous croyez que c'est gai pour des parents d'accepter une demande pareille..." Etc. J'ai tout entendu en commission ! Je sens qu'il y a une charge émotionnelle et un peu idéologique, qui consiste à dire que la seule façon de mourir dans la dignité, ce serait de choisir soi-même le moment de sa mort. Mais c'est philosophique, ça !

Ceux qui s'opposent à la loi ne valorisent pas la souffrance...

Mais non, évidemment . Je ne suis d'aucune chapelle, je ne soutiens aucun lobby et je parle ici à titre personnel. Sur les questions éthiques, mon parti me permet de m'exprimer et de voter librement. J'ai 50 ans et je n'ai jamais pensé que la douleur était quelque chose de positif. J'estime qu'il faut tout faire pour la soulager. Faut-il pour cela que cela passe par un dispositif légal ?

Pour vous, le choix de l'euthanasie doit être réservé aux adultes ?

Oui. Christian De Duve a décidé de mourir, à plus de 90 ans, au terme d'une longue expérience de vie. Un couple de Français, atteint tous deux par la maladie, a choisi de mourir. Je les respecte mais je pense qu'on ne peut faire ce choix qu'à l'âge adulte. Tous les médecins pourront le dire : aucun enfant ne veut mourir. Il veut retourner à l'école, rentrer à la maison, jouer avec ses petits copains, mais sa maladie l'en empêche. Il ne veut plus souffrir, ou il ne veut plus que ses parents souffrent. C'est ça la réalité. Ce n'est pas la même chose que vouloir mourir.

Certains experts expliquent qu'un enfant gravement malade a un surcroît de discernement face à la mort par rapport à un autre enfant du même âge.

Qu'est-ce que cela prouve ? Tous les enfants sont différents et ne sont pas des petits adultes. Pour les promoteurs de la proposition, le fait de mourir dans la dignité, c'est mourir après l'avoir demandé au lieu de recevoir de la morphine pendant trois jours et de s'endormir paisiblement. Imaginez un petit d'homme qui se lève en disant : "Je vais mourir dans peu de temps mais je préfère demander la mort plutôt que de la subir et de me laisser endormir par la morphine que me donnent les médecins." Va-t-il comprendre, comme enfant, que la mort dont on parle, c'est la fin définitive de sa vie à lui ?

Article paru dans La Libre.be 11/02/2014


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