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Euthanasie : le droit à l'autodétermination est-il devenu un dogme ?

Déposé le 11/05/2013 à 14h08  Catégorie Regard du Philosophe

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Tom MORTIER en Steven BIESEMAN Tom MORTIER en Steven BIESEMAN
Dr sc. en Dr md Dep. Gezondheidszorg, Leuven

« Pourquoi vouloir encore élargir la loi sur l'euthanasie, déjà très controversée ?", se demandent les auteurs dans le contexte de l'actualité législative et politique. Les adversaires de la loi relative à l'euthanasie semblent de plus en plus être mis à l'écart et les valeurs fondamentales et humanistes universelles semblent ne plus compter. A quand un vrai dialogue ?

Au vu du débat actuel sur l'élargissement de la loi sur l'euthanasie, il convient de rappeler pourquoi en 2002 il est apparu indispensable de mettre en place une telle loi. La légalisation de l'euthanasie était nécessaire selon ses partisans, parce qu'elle était pratiquée depuis longtemps et régulièrement dans plusieurs hôpitaux. Les médecins qui la pratiquaient en dépit de l'interdiction, souhaitaient sortir de l'illégalité et ne plus risquer de poursuites judiciaires au motif qu'ils 'aidaient' les patients à mourir. Ils défendaient l'euthanasie comme 'solution humaine ultime' offerte au patient dès lors qu'il n'existait plus de méthode adéquate de traitement. Les défenseurs de la loi estimaient ainsi qu'il devait y avoir un 'droit à l'euthanasie'. Le médecin pourrait ensuite 'juger', après concertation avec le patient, si la demande d'euthanasie pouvait être acceptée.

Les adversaires de l'introduction de la loi sur l'euthanasie furent mis à l'écart. Ils étaient considérés comme des conservateurs, qui ne pouvaient plus avoir leur place dans une société humaine pluraliste et progressiste. Aucun dialogue n'était envisageable, car le 'droit' de l'individu ne pouvait être mis en question. Par crainte de ne plus pouvoir participer aux débats et de se voir reprocher de ne pas avoir une attitude nuancée, certains adversaires ont commencé à adopter la loi ... et même à la défendre.

Ainsi, nous en sommes arrivés à une société sentimentaliste où les 'anciennes' valeurs fondamentales et universelles ont drastiquement été minimalisées et réduites. Aujourd'hui les médecins acceptent de pratiquer l'euthanasie sont considérés comme 'humains', comme si les autres, ceux qui ne veulent pas la pratiquer - pour quelle que raison que ce soit - étaient 'inhumains'. Les médecins ne voulant pas pratiquer l'euthanasie chez leurs patients sont même appelés par les partisans de la loi actuelle, à renvoyer les personnes avec une 'souffrance insupportable' vers des médecins qui sont, eux, d'accord de répondre à la demande.

Pas plus aujourd'hui qu'hier, n'existe un véritable débat citoyen et démocratique. Nous sommes en outre, en 2013, inondés par des situations 'exceptionnelles' dans lesquelles l'euthanasie est présentée comme la solution ultime et légitime à la souffrance 'insupportable'. Notre société semble perdre les pédales suite à cette loi controversée et nous voudrions encore l'élargir !

Les 'guides' politiques de notre société semblent tous convaincus que l'élargissement de la loi est une 'nécessité' et notamment pour ces enfants en fin de vie alors que des pédiatres oncologues disent publiquement que ces demandes prononcées par la bouche de l'enfant n'existent en fait pas.

Les politiques veulent créer un 'symbole' en élargissant la loi, comme si on pouvait croire qu'une telle symbolisation sensibiliserait ou responsabiliserait notre société !

N'est-il pas beaucoup plus important pour nos représentants politiques d'évaluer de manière approfondie la loi en vigueur et d'analyser par exemple quelle est encore la différence entre le suicide et l'euthanasie en cas de 'souffrance psychique insupportable' ?

N'est-il pas 'absurde' que, dans une société où la 'lutte médicale contre la douleur' a évolué de façon « spectaculaire »,on continue à ressentir comme une 'nécessité' absolue le fait de permettre les demandes d'euthanasie ?

Est-ce là le futur que nous voulons léguer à nos enfants, en leur communiquant que leur 'autodétermination' est d'une importance 'absolue' et que les parents ne doivent plus en rien porter de responsabilité ?

Le droit absolu à l'autodétermination est-il devenu la valeur absolue qui doit primer toute autre ?

Allons-nous démanteler les 'soins' pour les personnes âgées et donner aux patients souffrant de démence 'l'opportunité' d'être euthanasiés pour ne plus être à charge de la société ?

Il semble qu'aujourd'hui, le droit ultime à l'autodétermination soit devenu un 'dogme' qui fait reculer les valeurs fondamentales et humanistes universelles. Il nous paraît pourtant que nos politiques ont le devoir moral d'évaluer dans un premier temps le fonctionnement de la loi actuelle sur l'euthanasie, avant d'envisager l'élargissement éventuel de cette loi controversée.


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