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Et si les infirmières parlaient...

Déposé le 17/04/2013 à 18h46  Catégorie Témoignages

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Ces « anges » qui vous accueillent aux services d'urgence, quand vous êtes opérés, quand vous êtes agonisants ou qui accueillent vos proches, vos êtres chers, auraient- ils quelque chose à dire ? Ou devraient-ils se taire « à jamais » pour laisser la parole aux médecins, aux légistes, aux « savants » ?

Elles savent tout faire, elles sont comme des fourmis, qui travaillent sans faire de bruit, qui soignent leurs patients dans la plus étroite intimité, qui exécutent des ordres médicaux à la lettre, pour le bien du patient. Elles sont au chevet des malades plus longtemps que le médecin et entendent leurs voix, leurs larmes, leurs rires, leur cri parfois de désespoir, et aussi leur silence. Elles sont les confidentes de vos souffrances, que vous soyez dans un lit ou que vous accompagniez un proche.

Mais ces infirmières n'ont pas toujours leur mot à dire, n'osent pas toujours parler et dire ce qu'elles pensent. Elles ont peur de contredire le médecin « tout-puissant » du service, elles ont peur d'aller à l'encontre de l'avis de « tout le monde », de perdre leur travail ou de se faire « pénaliser » par des mauvais horaires ou par le harcèlement moral de leurs collègues.

Le débat actuel de l'euthanasie en Belgique, le document rédigé au mois de février en France par l'Ordre des médecins concernant la « sédation terminale » (oui, ayons le courage de l'appeler comme ça, car c'est bien cela qu'ils veulent signifier) me poussent à écrire ces mots aujourd'hui.

Connaissez-vous, chers médecins, la véritable souffrance de vos patients, quand vous passez dix minutes par jour à leur chevet ? Entendez-vous la souffrance de l'infirmière qui s'occupe de ce patient et qui est épuisée, non par la souffrance du malade mais par la projection qu'elle en fait ? Avez-vous évalué la valeur de la vie humaine quand vous décidez que « ça dure trop longtemps, que c'est inhumain » et que vous n'envisagez pas d'autre solution que la mort par sédation ?

Vous nous dites qu'il n'y a plus rien à faire, que la médecine ne peut rien pour ce patient et, après un long acharnement, vous décidez de lui « offrir une mort douce », sans douleur, sans demander souvent son avis, parfois même sans consulter la famille, et généralement sans consulter davantage ces infirmières qui s'occupent du patient et qui se sont souvent « un peu » attachées à lui.

Elles n'osent pas dire non, elles préparent une pompe avec des médicaments en se disant que « c'est pour soulager » le patient, mais elles savent bien que l'intention est bien celle de donner la mort « au plus vite ». Elles essayent de justifier leur geste, en se disant qu'elles « aident le patient à partir en douceur», qu'il mourra paisiblement, sans douleur... Mais elles savent bien que les doses ne sont pas toujours adaptées, que le degré de sédation est trop profond dans la plupart des cas et que les « mots non dits » et les « sous-entendus » parlent clairement d'euthanasie.

J'ai envie aujourd'hui de me faire la voix de ce silence qui vient du chevet de mes patients, qui n'ont pas toujours la parole pour dire ce qu'ils veulent. J'ai envie de me faire la voix de tant d'infirmières qui ont posé des gestes dans l'ignorance, dans un désir mal éclairé de « faire du bien et de soigner jusqu'au bout » et qui ont volé à quelqu'un, peut-être sans le savoir, les derniers moments de rencontre et de réconciliation. J'ai envie de vous dire, à vous qui me lisez, que l'infirmière n'a pas l'obligation de vous tuer, même si vous le lui demandez, car cela ne fait pas partie de son « obligation » de vous soigner. Et j'ai envie de dire aux infirmières qu'elles n'ont pas l'obligation d'exécuter tous les ordres du médecin, si cela va à l'encontre de leur conscience morale.

Soyons libres et permettons à chacun de vivre dans la liberté !


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