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C'est pas moi, c'est mon confrère !

Déposé le 06/05/2013 à 16h04  Catégorie Réflexions de soignants

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Aline TERLINDEN Aline TERLINDEN
Etudiante

La clause de conscience est un droit fondamental de toute personne travaillant dans le milieu médical. Dans un domaine où l'on touche de si près à la mort, donc au sens de la vie, comment pourrait-on ne serait-ce qu'imaginer l'absence d'une telle clause, l'absence de cette liberté fondamentale de ne pas participer à un acte provoquant la mort ?

Pourtant, sans avoir l'air d'y toucher, la nouvelle proposition de loi veut la modifier : le "médecin-objecteur" serait désormais obligé de communiquer le dossier à un médecin favorable à l'euthanasie pour assurer la continuité des "soins".

Or une objection n'est jamais posée à la légère. Le médecin qui la pose ne le fait pas juste pour "se sentir bien". Il le fait parce qu'il estime que l'acte est en contradiction avec ses convictions les plus essentielles. Le médecin se met en danger en objectant, car cela n'est pas "bien vu" dans les services hospitaliers.

S'il pense que l'enjeu est assez important pour se mettre en danger au niveau professionnel, il est inhumain de lui imposer de faire les démarches pour le patient, de "refiler le sale boulot" au collègue.

Le contraindre à agir de cette façon serait insulter sa démarche pourtant courageuse. La future loi lui imposerait en réalité de prendre une place dans la chaîne qui conduit le patient à l'euthanasie. Ce n'est pas parce qu'il n'effectuera pas l'étape ultime qu'il n'y aura pas participé.

On se fiche finalement bien de la conscience du médecin. On vante la liberté comme étant le bien suprême de l'homme, on réclame à grands cris la "liberté" de chacun à pouvoir demander la mort, mais qu'est devenue la liberté du médecins ? Elle semble être sacrifiée pour la prétendue liberté d'un autre. L'État, par cette loi, va-t-il se donner cette toute puissance de déterminer que la liberté d'un citoyen prime sur celle d'un autre ?


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